
L’intuition peut se résumer à cette phrase :
« Je ne sais pas pourquoi, mais je ne le sens pas »
L’intuition est un élément important de la prise de décision. Sur les sujets simples et compliqués relevant de l’excellence opérationnelle (courir le plus vite possible), un décideur peut et doit s’appuyer sur son intuition pour décider… plus vite.
Sur les sujets complexes, il y a de l’imprévisibilité, de l’incertitude (tout le monde a son idée, mais personne ne sait avec certitude) parce que ce sont des enjeux collectifs qui impactent différentes entités et expertises dans l’organisation. Dans ces situations, un décideur prend un gros risque en s’appuyant sur son intuition. Il devrait plutôt mobiliser l’intelligence collective pour faire émerger une intuition collective. Cette émergence est un processus complexe qui doit s’appuyer sur les techniques de Codev plutôt que sur des murs de post-it.
L’intuition est présentée par les experts du management comme une clé de réussite, une opportunité de mieux décider, mais les managers ont du mal à s’appuyer sur leur intuition parce qu’elle semble moins rationnelle et rassurante que des éléments observables et quantifiables.
En effet, l’intuition est la mémoire de votre passé. Elle représente la somme de tous vos savoirs et surtout de toutes vos expériences, bonnes ou mauvaises. Tout cela est enfoui quelque part dans votre tête. Face à un problème, vous allez sentir une énergie, une force intérieure qui vous proposera une analyse de la situation ou une solution.
Que faire de ce “mouvement intérieur” ? Le prendre en compte (faire confiance à son intuition) ou le rejeter parce que cela ne repose pas sur des faits, des choses tangibles.
Si vous le rejetez, cela peut s’expliquer par plusieurs raisons :
- Vous ne comprenez pas ce qu’est l’intuition : votre mémoire du passé, c’est-à-dire quelque chose de concret, de tangible, mais d’invisible, d’implicite. On nous a toujours dit de nous méfier de ce qu’on ne connaît pas, alors méfions-nous de nos intuitions.
- Vous vous êtes appuyés sur votre intuition personnelle pour prendre une décision sur un sujet complexe. Vous avez commencé à courir dans la mauvaise direction. Après cet échec, vous vous êtes dit qu’on ne vous y reprendrait pas. En réalité, vous ne faites pas la différence entre simple, compliqué et complexe. Face à des enjeux collectifs, les décisions devraient s’appuyer sur une intuition collective.
- Vous vous êtes appuyés sur une intuition collective pour prendre une décision sur un sujet complexe, mais vous avez échoué. Cependant, l’intuition collective peut émerger de deux manières : (1) le chef parle en premier, des feedbacks négatifs qui créent de l’insécurité psychologique au milieu d’un gigantesque ping-pong verbal et une réunion qui se termine par un mur de post-it ; (2) un processus d’architecture des décisions complexes en 6 étapes qui s’appuie sur des techniques comme le Codev Stratégique, le chef parle en dernier, le feed-forward et surtout le tour de parole. Avec l’approche (1) , vous jouez avec la chance. Avec l’approche (2), vous gérez les risques décisionnels. Il y a donc 2 intuitions collectives selon la façon dont elles ont émergé.
- Votre profil MBTI détermine la confiance que vous accorderez à votre intuition. Si vous avec une préférence pour le S (les méthodes éprouvées, les faits, les éléments tangibles), vous allez moins écouter votre intuition qu’un N (le nouveau, l’intuition).
- L’estime de soi détermine notre capacité à faire confiance à l’intuition. Plus l’estime de soi est faible, plus nous allons nous méfier de notre intuition. Ce n’est pas une question d’égo, mais d’estime : la perception que nous avons de notre valeur. Si cette valeur est perçue comme faible, alors nous devons toujours avoir raison, rester cohérent, garder le contrôle, préserver notre statut, éviter l’humiliation et dominer l’incertitude. Cela semble très risqué en s’appuyant sur son intuition.
- Notre formation initiale va influer sur notre perception de l’intuition. Si vous avez une formation d’ingénieur, vous aurez tendance à vous méfier de votre intuition parce que la culture d’un ingénieur s’est forgée avec des chiffres, pas avec des impressions, des ressentis. Même si vous êtes N à 95%, vous allez rejeter votre intuition du fait du bain culturel généré par votre formation. Dans certaines industries où la culture ingénieur est forte, votre chef pourrait vous pardonner une erreur mathématique, pas une erreur intuitive.
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